Saint Pétersbourg, la «Venise du Nord» de la Russie.

Saint-Pétersbourg, la « Venise du Nord », est une ville historique et emblématique de la Russie, imprégnée d’une histoire riche, d’une culture vibrante et d’une splendeur architecturale hors du commun, nous allons y consacrer un article spécial.

Histoire, position géographique et économique de Saint Pétersbourg.

Saint-Pétersbourg, la « Venise du Nord », a été fondée en 1703 par le Tsar Pierre le Grand, marquant le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de la Russie en devenant la capitale de la Russie en 1712. L’objectif de Pierre le Grand était de faire de Saint-Pétersbourg une fenêtre sur l’Europe, une métropole impériale et un port maritime prospère. La ville est stratégiquement située à l’embouchure de la Neva, sur le golfe de Finlande, ce qui en fait un port crucial sur la mer Baltique. Cette position géographique a favorisé les échanges commerciaux et a renforcé le rôle de Saint-Pétersbourg en tant que passerelle entre la Russie et l’Europe.

En raison de son emplacement maritime, Saint-Pétersbourg a joué un rôle central dans l’économie russe, en particulier dans le commerce international. Le port de la Baltique a facilité les échanges commerciaux, l’importation et l’exportation de marchandises, contribuant ainsi de manière significative à l’économie nationale. Pendant la période impériale, elle était le cœur de l’industrie russe, avec des usines, des chantiers navals et des développements technologiques significatifs en métallurgie. Cette tradition industrielle s’est poursuivie au cours du XXe siècle, faisant de Saint-Pétersbourg un pôle économique majeur.

De nos jours, Saint-Pétersbourg conserve son statut de centre culturel et industriel. En plus de son importance économique en tant que port maritime, la ville est un carrefour pour les industries telles que l’aérospatiale, la défense, l’énergie, et les technologies de l’information. Les investissements étrangers ont également joué un rôle clé dans le développement économique de la région. La Neva, le fleuve qui traverse la ville, n’est pas seulement un élément géographique, mais aussi une artère vitale de transport. Elle permet non seulement le commerce maritime, mais également une vue majestueuse sur la ville depuis ses rives.

Saint-Pétersbourg est une ville fascinante qui allie le riche patrimoine impérial à une modernité en constante évolution. Sa contribution à l’économie russe, son rôle en tant que port maritime vital, et son statut de centre culturel en font une place forte dynamique et influente de la Russie contemporaine.

Saint Pétersbourg, sanctuaire de l’histoire et de la foi.

Comme dans toute la Russie, la religion est très présente au travers de nombreuses cathédrales et églises qui témoignent de la ferveur religieuse qui a toujours marqué la vie de la cité et de la Russie en général.

La cathédrale Saint-Isaac, avec sa coupole dorée emblématique, est un chef-d’œuvre architectural et un lieu de culte majeur. Son histoire remonte au début du XIXe siècle, et sa construction a été marquée par une série d’événements significatifs. La décision de construire la cathédrale Saint-Isaac a été prise sous le règne de l’empereur Alexandre Ier au début du XIXe siècle. L’idée était de créer une cathédrale imposante qui refléterait la grandeur et la puissance de la Russie impériale, rivalisant avec les grandes cathédrales d’Europe occidentale. Le lieu choisi pour la construction était la place Saint-Isaac, qui était historiquement un site religieux. Les travaux de construction ont débuté en 1818 sous la direction de l’architecte français Auguste de Montferrand, qui avait été invité par Alexandre Ier pour concevoir ce monument colossal. Cependant, en raison de diverses difficultés techniques et financières, les travaux ont été interrompus et ont connu des retards importants.

Sous le règne de Nicolas Ier, successeur d’Alexandre Ier, la construction de la cathédrale Saint-Isaac a repris avec une énergie renouvelée. Montferrand a continué à superviser le projet, et la cathédrale a été consacrée le 30 mai 1858, bien que les travaux de décoration intérieure aient persisté pendant plusieurs années après cette date.

La cathédrale Saint-Isaac est un chef-d’œuvre architectural de style néo-classique, caractérisé par sa coupole centrale impressionnante, l’une des plus grandes du monde. La coupole est recouverte de près de 220 kilogrammes d’or. La cathédrale est également ornée de colonnes corinthiennes massives, de sculptures détaillées et de mosaïques intérieures spectaculaires. Pendant la période soviétique, la cathédrale Saint-Isaac a subi diverses transformations. Elle a été transformée en musée de l’athéisme, puis en musée de l’histoire de la religion et de l’athéisme, avant de retrouver son statut de lieu de culte après la chute de l’Union soviétique.

La cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé a été construite sur le site exact où l’empereur russe Alexandre II a été assassiné le 1er mars 1881. Cet attentat a eu lieu lorsque des membres du groupe révolutionnaire Narodnaya Volya (La Volonté du Peuple) ont lancé une attaque à la bombe contre la voiture impériale. L’empereur a survécu à l’explosion initiale, mais a succombé à ses blessures peu de temps après. En hommage à la mémoire d’Alexandre II, son fils, le tsar Alexandre III, a décidé de faire ériger une cathédrale à l’endroit précis de l’attentat.

La construction de la cathédrale a débuté en 1883 sous la supervision de l’architecte Alfred Parland. L’édifice a été conçu dans un style qui rappelle l’architecture traditionnelle russe, inspirée notamment de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux à Moscou. La cathédrale du Sauveur-sur-le-Sang se distingue par ses coupoles colorées, ses murs ornés de mosaïques détaillées et son apparence générale spectaculaire. La visite de cette cathédrale est un véritable enchantement pour les yeux.

La cathédrale du Sauveur-sur-le-Sang a été achevée en 1907, plusieurs décennies après le tragique assassinat d’Alexandre II. Cependant, en raison des troubles politiques qui ont suivi la révolution russe de 1917, l’édifice a été fermé au culte en 1932 et a été utilisé à des fins diverses, y compris comme entrepôt de légumes pendant la période soviétique.

Heureusement, la cathédrale a été préservée et restaurée après la chute de l’Union soviétique. Elle a rouvert ses portes au culte en 1997 et a été entièrement restaurée pour retrouver sa splendeur d’origine. Aujourd’hui, elle est l’un des sites majeur de Saint-Pétersbourg, par son architecture remarquable et son histoire poignante, rappelant les vicissitudes de l’histoire russe au cours du XIXe et du XXe siècle.

La Neva, fleuve capricieux.

La Neva, le « fleuve de l’empire », offre des points de vue imprenables sur les trésors architecturaux de la ville. Les quais offrent des perspectives uniques sur le Palais d’Hiver, la forteresse Pierre-et-Paul, et bien d’autres monuments qui ornent les rives de ce cours d’eau majestueux. Les nuits étoilées ajoutent une touche de magie à ces panoramas inoubliables. La Neva est capricieuse, car elle gèle en hiver. Pendant le siège de Léningrad par l’armée allemande de septembre 1941 à janvier 1944, la Neva gelée servit de voie de communication pour ravitailler la ville et évacuer certains de ses habitants.

Sur les abords du fleuve, la forteresse Pierre-et-Paul, située sur l’île Hare, est l’une des structures les plus emblématiques de Saint-Pétersbourg. Fondée par Pierre le Grand en 1703, la forteresse a une histoire riche et a joué un rôle crucial dans le développement de la ville et de l’histoire russe. La construction de la forteresse a débuté le 27 mai 1703, le jour même de la fondation de Saint-Pétersbourg. Le site choisi était stratégique, car il permettait de contrôler l’accès au golfe de Finlande, assurant ainsi la sécurité de la ville naissante. La forteresse était également destinée à protéger la Russie des invasions occidentales.

La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, au sein de la forteresse, est l’un des premiers édifices construits. Conçue par Domenico Trezzini, elle est de style baroque et abrite les tombeaux des membres de la famille impériale russe, y compris celui de Pierre le Grand. La forteresse a également été utilisée comme prison politique, notamment pendant le règne de Pierre le Grand et au cours des siècles suivants. Certains prisonniers célèbres y ont été détenus, comme l’écrivain Fiodor Dostoïevski. La forteresse a donc une double fonction, symbolisant à la fois la puissance impériale et la dureté du régime.

Le Pont des Soupirs, une passerelle qui relie la forteresse à la rive sud de la Neva, est un point de repère populaire offrant des vues spectaculaires sur Saint-Pétersbourg. Au fil des siècles, la forteresse a connu diverses modifications et utilisations. Elle a été le centre de plusieurs révoltes et mutineries militaires. Pendant la période soviétique, la forteresse Pierre-et-Paul a été un symbole du pouvoir communiste, et certains bâtiments ont été utilisés à des fins militaires.

Aujourd’hui, la forteresse Pierre-et-Paul est un musée, outre la cathédrale, le site abrite plusieurs expositions consacrées à l’histoire de la forteresse et de la ville. Les espaces extérieurs, les remparts et les bâtiments historiques font de la forteresse un lieu de promenade unique et romantique.

Musée de l’Ermitage : un trésor artistique et historique.

L’histoire du Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg remonte à l’époque impériale russe. Fondé au XVIIIe siècle, le musée est aujourd’hui l’un des plus grands et des plus prestigieux musées du monde. Le Musée de l’Ermitage trouve ses racines dans la collection privée de la tsarine Catherine la Grande. En 1764, elle acquiert une importante collection d’œuvres d’art, incluant des tableaux, des sculptures et des objets précieux. Cette collection privée a servi de base à la création du musée.

La décision d’ouvrir la collection au public a été prise en 1852 par l’empereur Nicolas Ier, transformant ainsi le palais d’hiver de l’Ermitage en musée accessible à tous. Les visiteurs pouvaient désormais admirer les trésors artistiques et culturels rassemblés au fil des siècles par les souverains russes. Au fil des ans, le musée a connu une croissance spectaculaire, incorporant de nouveaux bâtiments et élargissant sa collection. La construction de l’aile nord du musée, connue sous le nom de Nouvel Ermitage, a débuté en 1839 et a ajouté une dimension considérable à l’espace d’exposition.

La Révolution russe de 1917 a apporté des changements significatifs au statut du Musée de l’Ermitage. Certaines collections ont été nationalisées, tandis que d’autres ont été déplacées pour des raisons de sécurité pendant la guerre civile russe. Cependant, le musée a continué à fonctionner et à élargir ses collections sous le régime soviétique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses œuvres d’art ont été évacuées du musée pour les protéger des ravages du conflit. Certains des trésors ont été stockés dans des lieux sûrs, préservant ainsi une grande partie de la collection.

Rockwell Kent
Rockwell Kent

Après la guerre, le Musée de l’Ermitage a connu une période de renaissance, continuant à acquérir des œuvres d’art importantes et à élargir ses expositions. Les échanges culturels internationaux ont également contribué à renforcer le statut du musée en tant que lieu de renommée mondiale. Aujourd’hui, le Musée de l’Ermitage est un complexe impressionnant qui abrite une collection éclectique couvrant une vaste période de l’histoire de l’art, de l’Antiquité à nos jours.

Le musée Carl Peter Fabergé.

On se saurait quitter le thème des œuvres d’art sans évoquer le musée Fabergé, dédié à l’œuvre du célèbre joaillier russe Peter Carl Fabergé, fondateur de la Maison Fabergé. Il a été inauguré en 2013 dans le Palais Chouvalov, un bâtiment historique du XVIIIe siècle situé dans le centre de Saint-Pétersbourg.

La collection du musée comprend une impressionnante sélection d’œuvres de la Maison Fabergé, notamment les célèbres œufs de Fabergé. Ces œufs, créés comme cadeaux de Pâques pour la famille impériale russe entre 1885 et 1916, sont des chefs-d’œuvre d’orfèvrerie et d’artisanat. Chaque œuf est unique et renferme souvent des surprises ou des miniatures élaborées à l’intérieur. Outre les œufs impériaux, le musée expose une variété d’autres créations de Fabergé, allant de bijoux exquis à des objets d’art décoratif.

Charme, romantisme et sérénité de Saint Pétersbourg.

Saint-Pétersbourg ne se résume pas à ses monuments imposants. Les parcs, tels que le Jardin d’Été et le Parc Alexandre, offrent des havres de paix au cœur de l’agitation urbaine. Ces espaces verts, agrémentés de sculptures et de fontaines, invitent à la détente et à la contemplation, créant une harmonie entre l’homme et la nature.Enfin, l’essence romantique de Saint-Pétersbourg imprègne chaque rue pavée et chaque pont. La ville a été une source d’inspiration pour de nombreux artistes, écrivains et compositeurs. Son architecture grandiose, ses canaux romantiques et ses nuits blanches évoquent un rêve éveillé, faisant de la ville un berceau de l’art culturel russe.

Saint Pétersbourg est une fenêtre sur l’âme russe, mêlant harmonieusement son histoire, sa culture et sa splendeur naturelle. Chaque rue raconte une histoire, chaque église offre une prière silencieuse, et chaque pont connecte le passé au présent, faisant de cette ville un trésor vivant de la Russie gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont visité. Le seul regret que j’ai eu après ce séjour dans cette ville est d’en être parti trop tôt.

Saint Pétersbourg (Russie) – Janvier 2018

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